La fin de la cure
Chapitre 16 La fin de la cure
Pour commencer ce chapitre, je veux mentionner le texte de Freud, "Analyse avec fin et analyse sans fin", parfois traduit comme "Analyse finie et analyse infinie" (1937), qui présente une réflexion approfondie sur les limites de la psychanalyse. La différence de traduction reflète une interprétation distincte de l’idée originale en allemand, "Die endliche und die unendliche Analyse". Ces variations sont dues aux choix faits par les traducteurs, influencés par la complexité du concept en question.
Dans la version française la plus courante, "Analyse avec fin et analyse sans fin", la traduction a été réalisée sous la direction de Jean Laplanche dans L’inquiétante étrangeté et autres essais dans la collection des œuvres complètes de Freud en français. La version "Analyse finie et analyse infinie" tend à mettre davantage l'accent sur le caractère "fini" ou "infini" du processus analytique, en se rapprochant de l'idée d'une opposition entre quelque chose de clos (limité) et de potentiellement illimité.
Dans cet essai, Freud explore la question des limites de la cure psychanalytique. Il y aborde des thèmes tels que les objectifs et l'idéal de guérison complète. Il réfléchit aux attentes réalistes et idéalisées que l’on peut avoir de la psychanalyse. Peut-on espérer une guérison totale ou la psychanalyse est-elle vouée à rester un processus en perpétuelle progression ?
Freud aborde :
● Les résistances et le rôle de l’inconscient : il insiste sur le fait que certains aspects de l’inconscient résistent à toute tentative de mise en lumière. Ces éléments "irréductibles" font que, même si le patient atteint une meilleure compréhension de lui- même, certaines parts de son inconscient lui demeurent inaccessibles. ● La durée potentiellement infinie du travail psychanalytique : Freud soulève l’idée que l’analyse pourrait, en théorie, ne jamais se terminer car le travail d'exploration de l'inconscient est sans fin ; il se régénère constamment, ce qui le rend infini dans son potentiel. ● L’éthique de la fin de la cure : il questionne enfin le moment et les conditions dans lesquelles un analyste peut décider d’interrompre la cure. Dans ce contexte, il cherche à savoir si la psychanalyse doit tendre vers un idéal d’achèvement ou si elle est un processus dont le but est simplement de permettre au patient de mieux vivre avec ses symptômes.
Freud n’offre pas de solution tranchée mais propose plutôt un débat sur les perspectives et les écueils de la cure. Il ouvre ainsi le champ à des discussions théoriques et éthiques qui continuent d’animer le monde de la psychanalyse jusqu’à aujourd’hui.
Freud explique que, même dans le meilleur des cas, la psychanalyse ne peut pas garantir une guérison complète ou une résolution définitive de tous les conflits psychiques. Il observe que certains aspects de l’inconscient sont particulièrement résistants au travail d’analyse, notamment en raison de ce qu’il appelle le noyau de la névrose ou des restes archaïques. Ces éléments inconscients sont
tellement enracinés dans l’histoire infantile et les premières expériences du sujet qu’ils peuvent échapper à la symbolisation ou au traitement analytique.
Il introduit ainsi l’idée d’une analyse infinie – non pas au sens d’une cure interminable, mais au sens où le travail psychique continue au-delà de la thérapie. Il souligne que, même après la fin de la cure, les processus inconscients demeurent actifs et le sujet doit continuer à faire face aux conflits qui pourraient resurgir dans des circonstances de vie nouvelles.
Freud pense que la cure psychanalytique, bien qu’elle puisse amener le patient à une plus grande liberté intérieure et à une meilleure gestion de ses symptômes, ne met pas nécessairement un terme définitif aux conflits psychiques. Pour lui, l’objectif réaliste est plutôt de rendre le patient suffisamment armé pour affronter ces conflits lorsqu’ils surgissent, parce qu’il a une compréhension accrue de ses propres mécanismes psychiques.
Il souligne également le rôle de l’analyse personnelle du psychanalyste, affirmant qu’un psychanalyste doit lui-même être en analyse continue (ce qu’on appellera plus tard la supervision) pour rester vigilant face à ses propres résistances et contre-transferts. Pour Freud, un psychanalyste doit donc accepter cette position d’incomplétude, puisqu’il reste lui-même aux prises avec son propre inconscient.
Ceci dit, la fin de la cure psychanalytique est un moment important tant pour le patient que pour l'analyste. Déterminer que l'analyse peut s'interrompre implique une évaluation minutieuse des progrès du patient et de la résolution des conflits qui lui étaient inconscients au début du travail.
L'un des principaux critères que l’on est tenté de considérer pour déterminer la fin de la cure est la résolution des symptômes qui ont conduit le patient à consulter. Cela inclut la diminution de l'angoisse et des comportements compulsifs et une meilleure gestion des émotions. Cependant ceci est parfois une très mauvaise indication puisque les signes à l’origine de la plainte qui ont motivé la demande d’analyse disparaissent de façon spontanée très tôt, au commencement du traitement.
La fin de la cure survient lorsque le patient intègre les compréhensions obtenues au cours de l'analyse et se sent capable de les appliquer dans sa vie quotidienne. Il reconnaît et comprend les conflits inconscients qui influençaient ses comportements. Il développe une capacité à vivre de manière plus autonome sans dépendance excessive à l'analyste. Il doit pouvoir faire face aux défis de la vie sans le soutien constant de la thérapie.
La question de la fin de la cure analytique est centrale dans les théories de Freud et de Lacan, bien qu'ils aient des perspectives distinctes sur ce sujet. Ils ont chacun réfléchi à ce moment crucial où l'analyse prend fin, mais les critères pour déterminer quand et comment une cure doit se terminer diffèrent dans leurs approches respectives.
Pour Freud, la fin de la cure est indiquée lorsque les symptômes névrotiques du patient n’existent plus et que les conflits inconscients ont été suffisamment conscientisés et travaillés pour lui permettre de mener une vie normale sans souffrance psychique excessive. Il estimait qu'une analyse réussie impliquait la disparition des symptômes névrotiques (angoisses, compulsions, phobies, etc.), qui sont le résultat de conflits inconscients. Ces symptômes doivent être supprimés par la prise de conscience de leur origine dans les désirs refoulés.
L'analyse vise à lever les résistances que le patient met en place pour éviter de prendre conscience de ses désirs inconscients. Freud voyait la fin de l'analyse comme un moment où le patient a surmonté ces résistances et peut affronter ses désirs refoulés sans souffrance excessive.
Il considérait que la fin de la cure devait survenir lorsque le transfert est suffisamment dénoué pour que le consultant ne projette plus ses désirs inconscients sur l’analyste.
Un autre critère pour Freud est que la cure ait permis un renforcement du Moi du patient, c'est-à-dire que celui-ci doit être capable de gérer ses pulsions inconscientes sans être submergé par celles-ci. En d'autres termes, le patient doit retrouver une capacité à gérer ses conflits internes de manière plus autonome.
Pour Lacan, la question de la fin de la cure est plus complexe et ne se résume pas à la résolution des symptômes. Il insiste davantage sur la relation du sujet au désir, au fantasme et à la jouissance. La fin de la cure implique une modification profonde de la position subjective du patient par rapport à ces éléments. Lacan considère que la fin de la cure survient lorsque le sujet a été capable de se confronter à son désir et d'en accepter la structure, qui est toujours marquée par un manque (le manque à être, le manque de l'objet petit a). Le patient doit reconnaître que l’objet de son désir est fondamentalement inaccessible, ce qui signifie qu'il ne s'agit pas de combler ce manque, mais de savoir comment vivre avec. Il évoque la notion de "traversée du fantasme". Le fantasme, pour Lacan, est ce qui structure la relation du sujet à son désir, mais il est aussi une sorte de voile qui cache la vérité du désir.
Autrement dit, le patient arrive à se détacher de l’ illusion et il peut voir au-delà de ce voile pour comprendre la structure elle-même du désir.
Lacan, comme Freud, considère que la dissolution du transfert est un moment crucial pour la fin de l’analyse. Cependant, là où Freud voyait le transfert essentiellement comme une répétition de relations passées, Lacan le définit en termes de désir. Pour lui, la fin de la cure donne lieu à une transformation de la relation du sujet à la jouissance. La jouissance, qui est souvent une source de souffrance pour le sujet, doit être réorientée ou limitée. Le patient doit accepter qu’il y a une jouissance fondamentalement perdue ou interdite, et la fin de la cure consiste à vivre avec cette limite sans chercher à la dépasser à tout prix. Le patient doit arriver à un point où il reconnaît que l'analyste n'a pas de savoir absolu sur son inconscient et que le désir est structuré par un manque irrémédiable.
Freud et Lacan partagent l'idée que la fin de la cure est liée à une modification subjective chez le patient, mais ils diffèrent sur la manière dont cette fin est conceptualisée.
Freud a souligné que ce processus de conclusion n'est pas exempt d'obstacles, parmi lesquels se trouvent deux concepts cruciaux : chez les hommes le "roc de la castration", par la révolte, le hérissement contre la disposition passive ou féminine à l’endroit d’un autre homme et qui, du fait de l’angoisse de castration que celle-ci suscite, est source d’arrogance ; chez les femmes, le "Penisneid" (terme allemand utilisé qui désigne "envie du pénis"), c’est-à-dire l’envie ou plutôt la revendication du pénis, avec toutes les sous-jacences de colère et d’agression qu’il produit. Freud a introduit ce terme pour décrire le désir revendicatif inconscient qu'il croyait être présent chez les filles lorsqu'elles prennent conscience de la différence anatomique
entre les sexes, conduisant à une réclamation (inconsciente) de posséder un pénis. Ce concept est central dans sa théorie du développement psychosexuel et joue un rôle important dans son explication de la formation de l'identité féminine. Il observait que certaines femmes pouvaient développer une fixation sur cette envie inconsciente de posséder un pénis, qui se traduisait par une insatisfaction chronique, une quête de pouvoir symbolique, ou des attentes irréalistes envers leur propre féminité. En fin de cure, si ce désir persiste, cette insatisfaction peut représenter une résistance à la pleine acceptation de la féminité.
Ces deux notions illustrent les limites de l'analyse et les défis persistants auxquels le patient et l'analyste peuvent être confrontés en fin de cure.
Chez les hommes, le "roc de la castration" est une métaphore que Freud utilise pour décrire une résistance fondamentale et quasi-infranchissable dans la cure psychanalytique. Cette résistance est liée à l'angoisse de castration, un concept central dans la théorie freudienne du développement psychosexuel. Pour Freud, l'angoisse de castration se forme lors de la phase œdipienne, lorsque l'enfant, confronté à la différence des sexes, prend conscience du risque symbolique de perdre son pénis (chez le garçon) ou d'éprouver l'absence de ce dernier (chez la fille).
La castration représente non seulement une menace physique mais aussi une perte symbolique de puissance, de désir, et de statut. Lorsqu'un patient est confronté à cette peur dans le cadre de la cure, il peut rencontrer des résistances majeures à l'analyse, refusant inconsciemment de reconnaître cette réalité psychique. Freud a observé que cette résistance est particulièrement difficile à surmonter et peut constituer un obstacle infranchissable à la complète résolution de la névrose.
En fin de cure, le "roc de la castration" peut ainsi se manifester comme un dernier bastion de résistance, où le patient refuse d'abandonner certaines défenses psychiques, craignant inconsciemment de devoir accepter la castration symbolique. Ce roc met en lumière les limites de la cure psychanalytique, car il marque une zone où la réalité psychique rencontre une angoisse si fondamentale qu'elle peut ne pas être entièrement analysable.
La fin de la cure psychanalytique, telle que conçue par Freud, est censée marquer un moment où le patient a surmonté les résistances qui se sont manifestées au cours de l'analyse, intégré les éléments refoulés de son inconscient et élaboré ses principaux conflits œdipiens. Cependant, Freud a toujours reconnu que certaines résistances, comme celles liées à la castration ou au désir du pénis, pouvaient représenter des limites intrinsèques à ce processus.
Ces obstacles ne signifient pas nécessairement un échec de la cure, mais plutôt une reconnaissance de la complexité de l'inconscient humain. L'analyste et le patient peuvent attendre une fin de cure où les symptômes ont été largement atténués et où le patient a gagné une meilleure compréhension de lui-même, même si certaines zones de résistance persistent.
Freud a proposé l’idée que l'objectif ultime de la cure n'est pas nécessairement la "guérison" complète, mais une transformation profonde du patient, lui permettant de vivre avec ses désirs et ses angoisses de manière plus libre et moins conflictuelle. Ainsi, la reconnaissance des limites de l'analyse fait partie intégrante de la fin de la cure.
La fin de la cure psychanalytique du point de vue de Jacques Lacan est un sujet complexe, ancré dans sa conception unique de la psychanalyse et de la structure du sujet. Il
apporte des nuances significatives à la théorie freudienne, en mettant l'accent sur des concepts comme le "désir", le "grand Autre" et la "jouissance". Il considère que la fin de la cure n'est pas la résolution des conflits œdipiens ou la levée des symptômes, mais un moment de transformation radicale du sujet dans son rapport au désir et à la jouissance.
Il place le désir au centre de la structure du sujet. Selon lui, le désir est toujours le désir de l'Autre, c'est-à-dire qu'il est fondamentalement lié au langage et aux signifiants qui nous structurent. La fin de la cure se traduirait par l'assomption de son propre désir par le sujet. Cela signifie que le patient, à travers le processus analytique, parvient à reconnaître et à accepter son désir, tout en comprenant qu'il ne peut jamais être totalement satisfait ou comblé.
Ce processus implique une renonciation à l'idée de trouver une réponse définitive ou un objet capable de combler le manque constitutif du désir humain. Au lieu de cela, le sujet apprend à vivre avec ce manque, à reconnaître sa place dans la chaîne des signifiants et à se libérer de l'illusion d'une complétude fantasmatique.
Un autre concept central chez Lacan est celui de la "traversée du fantasme" concernant la fin de la cure psychanalytique. Le fantasme est une structure qui soutient le désir du sujet. Le patient est amené à traverser son fantasme, c'est-à-dire à reconnaître que le fantasme n'est qu'une construction qui masque la réalité. Il s'agit d'un processus par lequel le sujet, à la fin de son analyse, dépasse les limites imposées par son fantasme fondamental pour accéder à une nouvelle forme de rapport à son désir. Voici une explication détaillée de ce concept : le fantasme est une structure psychique inconsciente qui organise et soutient le désir du sujet. Il fonctionne comme un écran qui masque l'accès direct au désir de l'Autre ( souvenez-vous de la figure du grand
Autre dans l’inconscient du sujet), tout en offrant au sujet une manière de se situer par rapport à ce désir.
Le sujet pendant son analyse n’a fait que se demander en permanence : Que veut l’Autre ? Quel est son désir ? Que me veut l’Autre ? Et toutes ces questions ont été posées en permanence simplement parce que cela répondrait à la vraie question : quel est mon propre désir ?
Pour le dire en d’autres termes, le fantasme n'est pas seulement une scène imaginaire, mais une matrice qui structure la manière dont le sujet perçoit la réalité et son propre désir. Lacan formule le fantasme sous la forme d'une équation symbolique : « $ ◊ a » où le $ représente le sujet barré, divisé ; et « a » est « l'objet petit a », cet objet partiel perdu qui incarne la cause du désir. Entre les deux, entre le sujet divisé par le langage, $ , et l’objet petit a existe le poinçon ◊. Cet élément ◊ dans la formule est un prisme, la façon du sujet de voir les choses.
Le fantasme fondamental est ce qui protège le sujet du traumatisme du réel, c'est-à-dire de l'absence d'une réponse ultime à la question du désir. Il constitue un scénario inconscient à travers lequel le sujet s'organise par rapport à la jouissance et aux manques qu'il rencontre.
Ce fantasme maintient une certaine stabilité dans l'existence du sujet en lui fournissant une réponse à la question "Que veut l'Autre ?". Toutefois, en restant prisonnier de ce fantasme, le sujet n'affronte pas directement la réalité de son désir et continue de chercher des réponses dans des scénarios imaginaires qui limitent sa liberté.
Alors la traversée du fantasme implique que le sujet cesse de se laisser structurer par son fantasme initial, c'est-à-dire qu'il
parvient à une prise de conscience et à une expérience de la réalité au-delà des limites que son fantasme lui imposait.
Cesser de se protéger contre la confrontation avec le manque fondamental, celui lié à la castration symbolique : de cette façon, le sujet va pouvoir accepter que son désir soit toujours marqué par un manque, et que l'objet qui cause son désir soit introuvable, insaisissable.
Réorganiser le rapport au désir : il arrive un moment dans la cure où le sujet peut repenser son rapport au désir de manière plus libre. Plutôt que d'essayer de combler un vide à travers le prisme du fantasme, le sujet accepte l'absence d'un signifiant ultime qui donnerait tout son sens au désir. Il peut alors "ne pas céder sur son désir" ( à différencier de l’expression « ne pas céder à son désir » qui n’a rien à voir avec le fait de tenir son désir comme un repère, une borne, un jalon, ou un guide à ne jamais perdre de vue), c'est-à-dire s'orienter dans la vie par son propre désir sans se soumettre aux illusions créées par le fantasme.
La fin de l'analyse ne consiste pas à atteindre une résolution ou une guérison dans le sens traditionnel du terme, mais à ce que le sujet parvienne à une nouvelle position subjective. Vers la fin de la cure il n'est plus dépendant de ses anciennes formations imaginaires et symboliques pour structurer son désir. Il atteint une nouvelle position dans laquelle il peut se libérer de la nécessité de trouver une réponse ultime à son existence. Le sujet est libéré des répétitions névrotiques.
Lacan introduit le concept du “sujet supposé savoir” pour désigner la position qu'occupe l'analyste dans la cure. Au début de l'analyse, le patient investit l'analyste de ce savoir supposé sur l'inconscient et sur la vérité de son désir. La fin de la cure correspond à la dissolution de cette supposition. Le patient réalise que l'analyste n'a pas ce savoir absolu et
que la vérité de son désir ne réside pas dans une réponse extérieure mais dans sa propre position subjective. Cela marque un point de désillusion nécessaire, où le patient se détache de l'analyste comme figure de l'Autre supposé détenir la clé de son inconscient. Ce moment de désillusion est crucial pour l'autonomisation du sujet, qui doit désormais assumer la responsabilité de son désir sans se référer à une autorité extérieure.
Un des concepts tardifs chez Lacan, essentiel à la compréhension de la fin de la cure, est celui du sinthome (souvenez-vous de cette orthographe). Le sinthome est une sorte de nouage unique qui tient ensemble le Réel, le Symbolique et l'Imaginaire dans la structure psychique du sujet. À la fin de la cure, Lacan suggère que le sujet doit parvenir à s'identifier à son sinthome, c'est-à-dire accepter cette manière singulière dont il est structuré.
Plutôt que d'aspirer à éliminer totalement ses symptômes ou à atteindre une normalité imaginaire, le sujet reconnaît son sinthome comme une structure nécessaire de son être. Cette identification à son sinthome lui permet de cesser de lutter contre ce qui le constitue fondamentalement, trouvant ainsi une forme de paix avec sa propre singularité.
Lacan souligne également que la fin de la cure n'implique pas la cessation totale de la jouissance, mais plutôt une réorganisation de celle-ci. La jouissance est cette forme de satisfaction qui dépasse le plaisir et peut même devenir douloureuse ou destructive. La cure permet de déplacer cette jouissance vers des formes plus vivables et moins aliénantes pour le sujet.
La fin de la cure est ainsi marquée par une transformation dans le rapport du sujet à la jouissance, où il apprend à accepter la jouissance de manière plus consciente, en
reconnaissant ses limites et en trouvant de nouvelles façons de la canaliser qui ne soient pas uniquement névrotiques ou pathologiques.
La fin de la cure psychanalytique, selon Lacan, est un processus d'émancipation où le sujet se dégage des illusions du fantasme, assume son désir dans toute sa complexité et se réconcilie avec son sinthome.
Cette fin n'est pas nécessairement une guérison ou un état de bien-être absolu, mais plutôt une acceptation lucide de sa propre condition et des structures qui le constituent. Lacan insiste sur le fait que le sujet ne sort pas de l'analyse comme une personne "guérie" au sens traditionnel, mais comme un sujet transformé, capable de vivre avec son désir et sa jouissance de manière plus authentique et moins aliénante.
Lacan, dans son texte Proposition du 9 octobre 1967, revisite la question de la fin de l’analyse à travers le dispositif de la passe, conçu pour éclairer le moment où un analysant devient analyste. Ce passage met en lumière ce qu'il appelle « le désir de l’analyste », un concept inédit qui devient le pivot de la cure. Le désir de l’analyste ne vise pas à modeler l’analysant selon des idéaux, mais à permettre une subjectivation unique du symptôme.
Dans son séminaire Le Sinthome (1976), Lacan reformule la fin de l’analyse comme une identification au symptôme. Loin de chercher à éradiquer le symptôme, l’analyse permet à l’analysant de comprendre pourquoi il s’y trouve « empêtré » et d’apprendre à « savoir-faire » avec. Ainsi, Lacan s’écarte des conceptions pédagogiques ou idéalisantes qui assimilent la fin de l’analyse à une normalisation de l’individu.
Les écrits contemporains sur la fin de l’analyse révèlent souvent une tentation pédagogique, où les analystes
attendent des résultats précis, tels que la reconnaissance des limites ou l’atteinte de relations objectales matures. Cette posture, critiquée notamment par Lacan, risque de dénaturer la singularité du processus analytique en imposant des idéaux extérieurs.
La fin de l’analyse reste une question ouverte, un espace où se rencontrent l’impossible et le nécessaire. De Freud à Lacan, la psychanalyse maintient une tension entre la recherche d’une « fin idéale » et l’acceptation de l’irréductible. Lacan, en proposant une identification au symptôme et un savoir-faire inédit, ouvre une voie où l’éthique analytique prime sur les idéaux pédagogiques.
Cette réflexion nous invite à considérer la fin de l’analyse non comme une fermeture, mais comme une ouverture : celle d’un nouveau rapport au symptôme et, par extension, au désir et à la subjectivité.
La posture de Lacan par rapport à la fin de l’analyse est composée d’un ensemble complexe de réflexions théoriques qui articulent les concepts de symptôme, sinthome, désir de l'analyste et fin de l'analyse. Je vais essayer de clarifier les enjeux principaux en résumant les points clés.
Dans la psychanalyse classique, le symptôme est souvent interprété comme l’expression d’un conflit inconscient. Il est destiné à être déchiffré et, idéalement, à « tomber » au cours du processus analytique.
Le Sinthome (graphie particulière introduite par Lacan, notamment dans son séminaire Le sinthome) ne serait, contrairement au symptôme, pas destiné à disparaître. Chez Joyce, par exemple, Lacan considère le sinthome comme une solution singulière et stabilisante, une manière d’habiter le Réel qui dépasse les logiques classiques de l’interprétation.
Lacan affirme que l’analyste est identifié à son symptôme. Cette identification n’implique pas un symptôme clinique, mais un positionnement particulier face à l’Inconscient, issu de son propre trajet analytique. Cela soulève des paradoxes : si le symptôme de l’analyste ne « tombe » pas, il devient constitutif de sa fonction. Deuxièmement, il ne s’agit pas ici d’un symptôme individuel au sens courant, mais d’un mode de relation avec le savoir inconscient et le désir.
Lacan semble indiquer que ce positionnement symptomatique constitue l’essence même du devenir analyste.
Le dispositif de « La Passe », proposé par Lacan dans le cadre de son École, visait à formaliser la transmission du savoir analytique à partir de la fin d’une analyse. Toutefois, Lacan lui-même a exprimé des doutes sur son efficacité, considérant parfois ce processus comme un « échec complet ». La fin de l’analyse aboutirait non pas à une guérison classique, mais à une rencontre avec la vérité singulière du sujet. La fin de l’analyse peut produire alors, dans certains cas, l’apparition, l’émergence d’un nouvel analyste. L'analyste est « produit » par cette fin d’analyse, dans une tension entre savoir et non-savoir.
Le désir de l’analyste est une notion centrale mais énigmatique. Plusieurs pistes le dessinent. La première est celle d’un désir de savoir : non un savoir classique, mais un savoir sur l’Inconscient, sur le Réel et sur la condition humaine. Ensuite apparaît un désir lié à la castration : l’analyste occupe une position qui le confronte au manque et à la perte, essentiels dans le processus analytique. Cette position par rapport à la castration lui est particulière et personnelle.
La formule « Che vuoi? » (Que veux-tu ?) illustre cette interrogation, posée autant par l’analysant que par l’analyste lui-même sur la nature de ce désir.
Lacan décrit la psychanalyse comme une « pratique délirante ». Cela ne doit pas être compris de manière péjorative, mais plutôt comme un engagement dans une expérience qui échappe aux cadres rationnels habituels. Cet aspect soulève des questions sur la place de l’analyste : il devient une sorte de symptôme pour l’analysant, une figure paradoxale qui incarne à la fois le savoir supposé et son impossibilité.
La transmission de la psychanalyse est marquée par des limites inhérentes au fait que l’analyste n’est pas un idéal, mais un symptôme particulier qui témoigne d’une singularité. Ces limites proviennent aussi du fait que la fin d’une analyse ne peut être théorisée de manière universelle, malgré les éléments que nous avons apportés dans ce chapitre, car elle est profondément liée à l’histoire et au trajet singulier de chaque analysant.
Freud et Lacan s’accordent à considérer la sublimation comme une voie permettant de réorienter l’énergie libidinale à partir de l’acceptation du manque et de la perte. Dans ce cadre, la pratique analytique elle-même peut être vue comme une forme de sublimation.
Lacan semble indiquer que l’analyste, en tant que produit de la fin d’une analyse, devient un sinthome pour l’analysant et pour lui-même. C’est une solution singulière qui ne vise pas à « guérir » au sens classique, mais à permettre une autre modalité d’être au monde. C’est en effet une position qui embrasse la castration, le manque et l’impossible, tout en restant opératoire dans la rencontre avec l’Inconscient.
La psychanalyse est une entreprise exigeante, visant à faire émerger un savoir sur les fantasmes inconscients et leurs liens avec les symptômes. Bien que cela puisse libérer les analysants de la souffrance, pour ceux qui aspirent à devenir analystes, un niveau d’exigence supplémentaire est légitime.
Références bibliographiques
Freud, S. (1937). Analyse avec fin et analyse sans fin. In Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse. Paris : PUF, 1984.
Dans cet essai, Freud explore la question des limites de la psychanalyse et examine les résistances structurelles qui peuvent empêcher l'achèvement complet de l'analyse.
Freud, S. (1920). Au-delà du principe de plaisir. Paris : PUF, 1981.
Ce texte introduit le concept de la pulsion de mort, qui influence la fin de la cure en révélant les aspects de la psyché qui résistent à la guérison complète.
Freud, S. (1914). Remémoration, répétition et perlaboration. In La technique psychanalytique. Paris : PUF, 1980.
Freud aborde ici le processus par lequel le patient progresse en répétant des expériences inconscientes et en travaillant à leur intégration, ce qui est central pour envisager la fin de la cure.
Lacan, J. (1973). Le Séminaire, Livre XI : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (1964). Paris : Seuil, 1973.
Dans ce séminaire, Lacan introduit des concepts cruciaux comme le "désir de l'analyste" et la "traversée du fantasme", qui définissent la fin de la cure pour le sujet.
Lacan, J. (1981). Le Séminaire, Livre XVII : L'envers de la psychanalyse (1969-1970). Paris : Seuil, 1991.
Ce texte approfondit la notion de "plus-de-jouir" et de la place de l’objet dans le parcours analytique, ce qui éclaire les questions autour de la complétude (ou de son absence) à la fin de la cure.
Article : La question de la fin de l'analyse, de Fanny Colonomos in Art de la cure et fins de l'analyse, in Figures de la psychanalyse, 2002/1 no 6, érès.
Conclusion
J’espère que ces chapitres ont pu mettre en lumière la richesse des concepts freudiens. Nous avons pu voir également les contributions de Lacan avec ses théories sur le langage et la psyché, le désir et la structure psychique. Ces fondements théoriques sont essentiels pour comprendre les dynamiques inconscientes qui façonnent nos comportements et nos relations.
Nous avons abordé, en partant de la notion de l’existence de l’inconscient, la façon dont la cure analytique permet d’y avoir accès, ce que sont le rêve, l’oubli, les lapsus, le refoulement, les actes manqués, le développement psychosexuel, les structures psychiques. Nous avons aussi pu voir des présentations de cas.
Enfin, nous avons exploré le délicat processus de la fin de la cure. Établir que l'analyse est terminée est un art en soi, impliquant la résolution des symptômes bien sûr, mais aussi la prise de conscience et l'acquisition d'une autonomie émotionnelle et décisionnelle par le patient. Les théories de Freud et de Lacan offrent des cadres théoriques pour comprendre ce moment crucial.
Cet ouvrage est un hommage à la profondeur et à la complexité de la psychanalyse. Il reflète ma volonté de transmettre des connaissances, visant à inspirer les patients qui souhaitent avoir des références théoriques pendant leur cure psychanalytique…
Ce livre est aussi une réflexion sur les principales interrogations qui pourront apparaître dans leur expérience analytique, soulignant son pouvoir transformateur et son
importance continue dans notre compréhension de l'esprit humain.
Pour conclure, il est clair que la psychanalyse reste une matière vivante et dynamique qui demande à chacun de s’informer, de se cultiver en permanence. Notre discipline est constamment enrichie par de nouvelles recherches et pratiques. Elle continue de fournir des outils précieux pour explorer les profondeurs de l'inconscient, pour aider les individus à surmonter leurs conflits internes et améliorer leur qualité de vie. Que ce livre soit un premier outil pour tous ceux qui s'engagent dans ce chemin fascinant de découverte.
Références bibliographiques Freud – Lacan :
Sigmund Freud
Voici une liste classée par ordre de publication initiale, suivie des dates de publication française lorsque cela est pertinent. J'ai indiqué les années originales de publication en allemand, puis les années approximatives des premières traductions françaises. 1. Études sur l'hystérie (avec Josef Breuer) o Publication originale : 1895 o Première publication en français : 1956 (Presses Universitaires de France) 2. L'interprétation des rêves o Publication originale : 1900 o Première publication en français : 1926 (Presses Universitaires de France) 3. Psychopathologie de la vie quotidienne o Publication originale : 1901 o Première publication en français : 1932 (Presses Universitaires de France)
4. Trois essais sur la théorie sexuelle o Publication originale : 1905
o Première publication en français : 1923 (Gallimard)
5. Dora, Fragment d’une analyse d’hystérie o Publication originale : 1905 o Première publication en français : 1953 (Presses Universitaires de France) 6. Le délire et les rêves dans la "Gradiva" de W. Jensen o Publication originale : 1907 o Première publication en français : 1929 (Presses Universitaires de France) 7. Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient o Publication originale : 1905 o Première publication en français : 1930 (Gallimard) 8. Souvenir d’enfance de Léonard de Vinci o Publication originale : 1910 o Première publication en français : 1930 (Gallimard) 9. Totem et tabou o Publication originale : 1912-1913 o Première publication en français : 1923 (Gallimard)
10. Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique
o Publication originale : 1914 o Première publication en français : 1962 (Gallimard)
11. Pour introduire le narcissisme o Publication originale : 1914 o Première publication en français : 1924 (Gallimard) 12. Pulsions et destins des pulsions o Publication originale : 1915 o Première publication en français : 1949 (Presses Universitaires de France) 13. Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort o Publication originale : 1915 o Première publication en français : 1933 (Gallimard) 14. Leçons d'introduction à la psychanalyse o Publication originale : 1916-1917 o Première publication en français : 1922 (Presses Universitaires de France) 15. Au-delà du principe de plaisir o Publication originale : 1920
o Première publication en français : 1930 (Presses Universitaires de France)
16. Psychologie des masses et analyse du moi o Publication originale : 1921 o Première publication en français : 1930 (Gallimard) 17. Le moi et le ça o Publication originale : 1923 o Première publication en français : 1927 (Gallimard) 18. Le problème économique du masochisme o Publication originale : 1924 o Première publication en français : 1973 (Gallimard) 19. Inhibition, symptôme et angoisse o Publication originale : 1926 o Première publication en français : 1939 (Gallimard) 20. L'avenir d'une illusion o Publication originale : 1927 o Première publication en français : 1932 (Presses Universitaires de France) 21. La question de l'analyse profane
o Publication originale : 1927 o Première publication en français : 1951 (Gallimard) 22. Malaise dans la civilisation o Publication originale : 1929 o Première publication en français : 1934 (Presses Universitaires de France) 23. Pourquoi la guerre ? (Correspondance avec Albert Einstein) o Publication originale : 1933 o Première publication en français : 1954 (Gallimard) 24. La morale sexuelle civilisée et la maladie nerveuse des temps modernes o Publication originale : 1930 o Première publication en français : 1938 (Payot) 25. Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse o Publication originale : 1933 o Première publication en français : 1936 (Presses Universitaires de France) 26. Le délire et les rêves dans la 'Gradiva' de W. Jensen Publication originale : 1907
o Première publication en français : 1929 (Presses Universitaires de France)
27. Analyse terminée et analyse interminable o Publication originale : 1937 o Première publication en français : 1956 (Gallimard) 28. L'homme Moïse et la religion monothéiste o Publication originale : 1939 o Première publication en français : 1951 (Gallimard) 29. L’abrégé de psychanalyse o Publication originale : 1940 o Première publication en français : 1958 (Gallimard) 30. La naissance de la psychanalyse (correspondance et textes inédits) o Publication originale : 1950 o Première publication en français : 1956 (Presses Universitaires de France) 31. Les névroses de transfert o Publication originale : Divers articles (dates variées)
o Première publication en français : Compilation en 1962 (Presses Universitaires de France) 32. Sur le rêve o Publication originale : 1901 (extrait de "L'interprétation des rêves") o Première publication en français : 1926 (Gallimard) 33. Actes obsessionnels et exercices religieux o Publication originale : 1907 o Première publication en français : 1981 (Gallimard) 34. Délire et démence paranoïaque dans le cas du président Schreber o Publication originale : 1911 o Première publication en français : 1975 (Gallimard) 35. La théorie sexuelle et ses variantes o Publication originale : 1906 o Première publication en français : 1989 (Gallimard) 36. Essais de psychanalyse o Compilation de divers articles (dates variées)
o Première publication en français : 1968 (Payot)
37. La technique psychanalytique o Compilation de divers textes sur la technique o Première publication en français : 1953 (Presses Universitaires de France) 38. L'inquiétante étrangeté o Publication originale : 1919 o Première publication en français : 1985 (Gallimard) 39. La théorie de l'angoisse o Compilation de textes sur l'angoisse o Première publication en français : 1987 (Gallimard) 40. L'homme et son désir o Compilation posthume o Première publication en français : 1990 (Gallimard)
Jacques Lacan 1. Lacan, J. (1966). Écrits. Paris, Collection Points, Seuil 2. Lacan, J. (1971). Autres écrits. Paris, Collection Points, Seuil 3. Lacan, J. (1967). La science et la vérité. Dans Écrits. Collection Points, Seuil 1. Lacan, J. (1970). Télévision. Paris, Le Seuil. 2. Lacan, J. (1974). La troisième. Conférence donnée à Rome, dans Autres écrits. Paris, Le Seuil. 3. Lacan, J. (1974). La conférence de Genève sur le symptôme. Dans Autres écrits. Paris, Le Seuil. 4. Lacan, J. (1978). Le triomphe de la religion précédé de Discours aux catholiques. Paris, Le Seuil. 5. Lacan, J. (1973). Radiophonie. Dans Scilicet, n° 2/3. Paris, Le Seuil. 6. Lacan, J. (1975). Le savoir du psychanalyste. Conférence à l’Université de Milan. Dans Autres écrits. Paris, Le Seuil. 7. Lacan, J. (1975). Joyce le Symptôme. Conférence au colloque de l’Université de Paris VIII. Dans Autres écrits. Paris, Le Seuil.
Séminaires publiés de Jacques Lacan
1. Lacan, J. (1973). Les écrits techniques de Freud. Le Séminaire livre I. Paris, Le Seuil. 2. Lacan, J. (1978). Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse. Le Séminaire livre II. Paris, Le Seuil. 3. Lacan, J. (1981). Les psychoses. Le Séminaire livre III. Paris, Le Seuil.
4. Lacan, J. (1994). La relation d’objet. Le Séminaire livre IV. Paris, Le Seuil. 5. Lacan, J. (1998). Les formations de l'inconscient. Le Séminaire livre V. Paris, Le Seuil. 6. Lacan, J. (2001). Le désir et son interprétation. Le Séminaire livre VI. Paris, Le Seuil. 7. Lacan, J. (1991). L’éthique de la psychanalyse. Le Séminaire livre VII. Paris, Le Seuil. 8. Lacan, J. (1992). Le transfert. Le Séminaire livre VIII. Paris, Le Seuil. 9. Lacan, J. (2001). L'identification. Le Séminaire livre IX. Paris, Le Seuil. 10. Lacan, J. (2004). L'angoisse. Le Séminaire livre X. Paris, Le Seuil.
11. Lacan, J. (1973). Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Le Séminaire livre XI. Paris, Le Seuil. 12. Lacan, J. (1985). Problèmes cruciaux pour la psychanalyse. Le Séminaire livre XII. Paris, Le Seuil. 13. Lacan, J. (2001). La logique du fantasme. Le Séminaire livre XIV. Paris, Le Seuil. 14. Lacan, J. Séminaire XV : L'acte psychanalytique (1967-1968) - Le Seuil. 15. Lacan, J. (1998). D’un Autre à l’autre. Le Séminaire livre XVI. Paris, Le Seuil. 16. Lacan, J. (2001). L’envers de la psychanalyse. Le Séminaire livre XVII. Paris, Le Seuil. 17. Lacan, J. Séminaire XVIII : D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971) - Le Seuil. 18. Lacan, J. (1991). Le sinthome. Le Séminaire livre XXIII. Paris, Le Seuil. 19. Lacan, J. Séminaire XIX : ...Ou pire (1971-1972) Paris, Le Seuil. 20. Lacan, J. (1998). Encore. Le Séminaire livre XX. Paris, Le Seuil.
Voici les Séminaires de Jacques Lacan qui, à ma connaissance, ne sont pas encore officiellement publiés dans la collection Le Seuil. Ils sont sûrement sur la table de travail
des éditeurs. Plusieurs de ces enseignements circulent sous forme de transcriptions non officielles (dans de très bonnes transcriptions) en livres brochés dans les différentes associations et collèges de psychanalyse. Ils sont aussi consultables en ligne dans différents sites très sérieux où vous trouverez également des documents sonores d’une grande valeur. 1. Lacan, J. Séminaire XIII : L'objet du psychanalyste (1965-1966) 2. Lacan, J. Séminaire XXI : Les non-dupes errent (1973-1974) 3. Lacan, J. Séminaire XXII : RSI (1974-1975)
4. Lacan, J. Séminaire XXIV : L'insu que sait de l'une- bévue s'aile à mourre (1976-1977) 5. Lacan, J. (2002). Le moment de conclure. Le Séminaire livre XXV
ANNEXES
I
Il m’a paru important, avant de finir l’écriture de cet ouvrage, de revenir, de façon plus narrative peut-être, sur la vie et l'œuvre du fondateur Sigmund Freud.
II
Après relecture de textes qui se réfèrent à Jacques Lacan, ( je pense à tous ceux qui l’abordent pour la première fois), la nécessité d’un glossaire m’apparut évidente. J’espère arriver à donner un aperçu de la profondeur et de la richesse de sa pensée.
III
De façon plus personnelle, dans cette dernière annexe j’ai ressenti la nécessité de laisser dans ce livre une trace dédiée aux praticiens pionniers qui ont poursuivi l'œuvre de Freud, en Europe et en Amérique latine : je souhaite partager avec le lecteur ma façon de voir comment la psychanalyse a été appliquée pour répondre aux besoins spécifiques des patients dans des environnements socio-culturels variés.